La journaliste.


Contexte:

Notre opposition au projet éolien saccageant notre secteur à fait l'objet de quelques articles dans l'édition locale du journal La Voix du Nord.

On se demande encore et toujours si les plumitifs qualifiés de journalistes sont capables de faire une recherche d'information sur internet et d'intégrer dans leur article des données désagréables voire écologiquement incompatibles. Ben non, c'est pas possible. Il ne faut pas fâcher ses amis Verts. Ca s'appelle l'indépendance éditoriale.

 

  

 

 

Le 30/08/2012

 

Madame M…. Z… , journaliste à La Voix du Nord.

 

C’est avec intérêt que nous avons lu votre article paru le 14 juin 2012 consacré à l’éolien industriel dans notre région.

L’ensemble du dossier semble équilibré, mais une lecture plus fine laisse place au doute.

En effet, et c’est tant mieux, vous laissez la parole à quelques riverains belges installés à Estinnes et Quévy-le-Grand où les avis semblent très partagés, en particulier concernant les nuisances sonores. La conclusion du bourgmestre, Etienne Quenon, à la tête d’une commune sous tutelle pour cause de surendettement est savoureuse. Il nous affirme « qu’il y a des retombées pour le promoteur et les propriétaires fonciers (c’est certain !)… que l’entité touche 75 000 euros qui ne peuvent pas être utilisés pour rembourser la dette (!!) et que la population peut proposer de faire un tri dans les économies d’énergie que l’on peut faire (!!!)». On croit rêver, ce bourgmestre marche sur la tête. A quoi servent les éoliennes géantes d’Estinnes sinon à enrichir le promoteur au-delà de toute raison, nous y reviendrons.

 

1. Enrichissez-vous, Pinocchio chez Eole.

C’est le fond du problème que vous n’abordez pas. Vous laissez largement la parole à Elodie Perret, chargée de mission éolien et énergie durable au sein du Syndicat des Energies Renouvelables (SER), lobby bien connu très actif, dont l’unique souci est de renégocier à la hausse les tarifs de rachat de l’électricité éolienne et de faire exploser le maigre dispositif de protection de l’environnement et des riverains autour des ZDE pour couvrir la France d’éoliennes. Cette personne nous serine les arguments habituels du SER concernant les emplois créés, et ose nous affirmer que « l’Etat n’est pas perdant » puisque » l’exploitation de l’éolien est soumis à une fiscalité plus importante qu’avant ». Cela s’appelle de la désinformation, puisque l’éolien industriel fonctionne sur un mode spéculatif grâce aux aides de l’état et donc du contribuable. Contrairement à ses affirmations, les retombées financières locales seront au mieux homéopathiques.

L’interview de Mr Suzan, directeur de KDE France est elle aussi assez comique puisqu’il nous affirme que le montant estimé du bénéfice du projet d’Houdain est un secret, fermez le ban. Vous concluez par cette phrase lapidaire, « c’est dit «. C’est un peu court comme investigation, Mr Suzan n’est pas franchement poussé dans ses derniers retranchements. Internet vous aurait permis d’obtenir une estimation du gain très confortable de ce projet sans intérêt sur le plan énergétique, de l’emploi local et impactant gravement nos paysages. L’estimation des gains garantis pas l’état au promoteur est de 48 millions d’euros pour ce projet de 7-8 machines de 2 à 2,5 MW. Les retombées fiscales communales avancées, 20 000 euros par an, auraient mérité une analyse un peu plus critique de votre part. Ce chiffre, reproduit pour argent comptant dans votre article, risque fort d’être très éloigné de la réalité. Pour votre information et éventuellement celle de vos lecteurs, nous vous joignons en annexe une évaluation financière du projet et de ses retombées, pas pour les riverains.

 

2. Les informations que vous pourriez éventuellement présenter à vos lecteurs1,2, .

Des promoteurs pas désintéressés.

Vous avez assisté à notre réunion d’information publique, « Les 10 bobards de l’éolien industriel »le 11/04/2012. Il est très curieux que vous omettiez de rappeler dans votre article que les créateurs de Windvision (messieurs Vost et Ferweda milliardaires en moins de huit ans) à l’origine de l’implantation des éoliennes d’Estinnes, ont consolidés pour raisons fiscales, leur société aux Pays Bas et créé une faîtière du groupe à Chypre (on se demande pourquoi) bien connu pour sa mansuétude fiscale.

Energies renouvelables : la note sera très salée en France pour pas grand-chose.

La France à trop d’électricité et en a exporté pendant 361 jours en 2011 et importé pendant 4 jours. Le délire allemand consistant à faire semblant de se priver de l’électricité nucléaire (mais pas fossile, n’exagérons pas), nous a permis en neuf mois de réaliser un gain de 362 millions d’euros d’exportation d’électricité vers nos voisins d’outre-Rhin. Nous n’avons aucun besoin de développer d’autre source de production électrique. Encore mieux, notre consommation a diminué de 6% en 2011 par rapport à 2010 (crise oblige mais aussi améliorations technologiques moins gourmandes).

Greenpeace, le WWF et les écologistes ne veulent ni du nucléaire, du gaz de schiste, de l’hydroélectricité, du charbon, du pétrole.

 

LEUR SECRET… ? Les énergies renouvelables dites gratuites. Le rapport produit par le WWF en 2011, The Energy Report-100 % Renewable Energy by 2050, remet tout simplement en cause les bases même de la physique et prend ses désirs pour des réalités, l’intermittence du solaire et de l’éolien étant simplement niée. En France en 2011, l’éolien a produit de l’électricité 21% du temps, le solaire 15% (source: bilan 2011, RTE). Moralité il faut investir deux fois, le renouvelable plus le thermique à flamme pour compenser l’inefficacité du solaire et de l’éolien pendant 80-90% du temps.

 

La Cours des comptes a chiffré à 6,7 milliards en 2017 le surcoût totalement inutile du solaire et de l’éolien sur notre facture d ‘électricité. Le délire du « Grenelle de l’environnement » prévoit 15 000 éoliennes à terre et 1200 le long des côtes pour un montant cumulé de 50 milliards d’euros pour produire une électricité aléatoire dont nous n’avons pas besoin. Il s’agit de dépenses « métapubliques » qui résultent de décisions publiques ne transparaissant pas sur les comptes publics car elles sont prises en charge par le consommateur ou d’autres acteurs économiques. La socialisation des risques financiers et la privatisation des bénéfices ne semblent pas gêner nos écologistes moralisateurs. Encore plus fort, 45 milliards d’euros sont prélevés sur la facture d’électricité des ménages français pour importer 15 000 éoliennes fabriquées principalement au Danemark, en Allemagne, en Espagne et en Chine. Autrement dit, la France subventionne l’emploi, mais chez nos voisins3 et licencie dans l’automobile.

 

L’Espagne a déboursé 36 milliards d’euros de 2000 à 2008 (éolien et solaire), qui a permis de créer temporairement 50 000 « emplois verts », mais chacun d’entre eux a coûté en moyenne 570 000 euros, atteignant même un million d’euros dans l’éolien. Neuf sur dix de ces emplois n’ont été que temporaires. Tout cela pour produire moins de 10% de son électricité en moyenne. Cette énergie « gratuite » en permettant la création d’un emploi en a détruit plus de deux ailleurs dans l ‘économie espagnol (G.C. Alvarez. Study of the effects on empoyment of public aid to renwable energy sources). Le 30 janvier 2012, le gouvernement espagnol a décidé à titre temporaire (mais qui va durer) de mettre fin à toutes les subventions aux énergies renouvelables.

L’Allemagne engage également la marche arrière. Rappelons que les promoteurs éoliens ont reçu 8 milliards d’euros de subventions en 2011 pour produire royalement 1,8% des besoins du pays. L’ensemble du parc photovoltaique coûtera plus de 100 milliards d’euros sur 20 ans. Bilan des courses, en 2017 les subventions au solaire seront supprimées menaçant 150 000 emplois. Ne parlons même pas de la tartufferie qui consiste à remettre en route discrètement les centrales au charbon et à construire toujours aussi discrètement des centrales au gaz. Conclusion le CO2 européen sera largement allemand. Belle réussite des Verts allemands toujours à la pointe du « sauvetage de la planète ».

 

En attendant, les entreprises chinoises profitent à plein des milliards d’euros en prêts et subventions publiques européennes aux EnR qui leur permettent d’exporter leurs produits à prix cassés, les nôtres ne pouvant survivre. Toujours plus fort dans le délire Vert, les 2 500 véritables (forcément) spécialistes du climat du GIEC, estiment que le « paquet énergie-climat » de l’UE coûtera entre 116 et 210 milliards d’euros/an et que les bénéfices s’élèveront à 7 milliards d’euros. Le bénéfice est donc faramineux, de l’ordre de 0,03% pour un euro dépensé ! Nos écologistes responsables ne doivent pas savoir utiliser correctement une calculette. D’ailleurs ils s’en fichent puisque c’est pour sauver les pandas et les ours polaires.

Tout ceci risque d’être rangé aux rayons des farces et attrapes puisque l’âge d’or du gaz commence. L’Agence Internationale de l’Energie estime les réserves mondiales à 250 années de consommation actuelle. Le gaz naturel émet le moins de CO2 par unité de chaleur au sein des énergies fossiles et permet des usages multiples (chauffage, transport, production d’électricité). La dissémination des gisements, tous plus importants les uns que les autres, va bouleverser la géopolitique énergétique. Les Etats-Unis et le Canada disposent de 55 000 à 37 000 milliards de m3 de gaz non conventionnel, l’Europe 33 000 à 38 000 milliards. En France, rien que dans le bassin Parisien dormiraient 20 à 65 milliards de barils de gaz de schiste soit 2 milliards exploitables pour l’heure. Cela fait tout de même 100 000 barils/j soit 10 fois plus qu’aujourd’hui pour la modique somme de 166 milliards d’euros4. Même l’uranium s’y met, puisque selon un rapport de l’OCDE, il reste assez de minerai pour un siècle supplémentaire d’énergie nucléaire5.

Bref tout cela nous laisse du temps pour développer des sources d’énergies alternatives réellement pérennes, ITER étant évidemment une piste majeure.

 

Conclusion.

D’une manière générale, nous avons la désagréable impression que ces informations, susceptibles de fortement intéresser nos concitoyens, sont trop souvent passées sous silence. Les lignes éditoriales des différents journaux de la région semblent être sur la même longueur d’onde. La situation est claire pour la Voix du Nord, si nous ne voulons pas assister à l’extinction des Cht’is, le Nord-pas de Calais doit se plier absolument aux fourches Caudines du facteur 4 (édition du vendredi 29 octobre 2010). D’une manière générale, la teneur des articles sont du même tonneau pour l’ensemble des quotidiens régionaux. Il en est de même pour les médias nationaux récitant consciencieusement un discours écologique expurgé de nombreuses interrogations légitimes tant au niveau des questions énergétiques, que des questions pourtant nombreuses sur les origines du changement climatique.

Nous touchons là évidemment le cœur du problème. Certains scientifiques de très haut niveau tombent dans une approche littéralement dogmatique et pour tout dire inquiètante. Celles et ceux qui écoutent l’émission « A voix nues » sur France-culture ont peut-être eu l’occasion d’entendre Jacques Testard (…….) dire qu’il fallait traduire Claude Allègre devant un tribunal international pour crime contre l’humanité (sic) au motif que ce dernier avait osé émettre des doutes sur la théorie officielle de l’origine anthropique du changement climatique. Cela ressemble furieusement aux méthodes de la Sainte Inquisition.

 

Vous allez me dire que je n’ai aucune légitimité pour vous apprendre le journalisme, je n’en ai pas la prétention. Par contre je ne vois pas pourquoi les lecteurs de vos articles ne se livreraient pas à une analyse critique tout en vous facilitant la tâche qui consiste à vous apporter des informations qui peuvent éventuellement alimenter vos prochains articles.

Cordialement

 

Thierry Levent.

Président de l’Association Houdain Environnement.

 

Bibliographie

1. C. Gérondeau. Ecologie, la fin. Editions du Toucan, 2012.

2. S. Furfari. L’écologie au pays des merveilles. François Bourin Editeur, 2012.

3.http://www.lecri.fr/2012/07/18/eolien-la-france-subventionne-des-emplois-au-danemark-et-licencie-sur-son -territoire/346449.

4. Science & Vie, juillet 2012.

5.http://news.fr.msn.com/ecologie/zegreenweb/de-luranium-pour-lexxiie-si%c3%a8cle