La Sénatrice (Mme M.C. Blandin).


Le 20/11/2012

 

Madame la Sénatrice.

 

Nous tenons tout d’abord à vous remercier d’avoir pris la peine d’apporter une réponse à notre demande de voter contre le contenu des amendements 461 et 482 visant à préparer la transition vers un système énergétique sobre (PPL Brottes).

Nous n’avions aucun espoir que vous vous opposiez à ces amendements malgré les conditions fort peu démocratiques dans lesquelles ceux-ci ont été amenés, comme vous le soulignez d’ailleurs. Vous qualifiez de «majorité de circonstance» les députés de droite et de gauche qui ont jugé irrecevable le point précis de la PPL. Nous pensons plutôt que ces élus ont compris que le lobbying acharné des promoteurs éoliens auprès des pouvoirs publics et des lieux de décisions devenait très voyant. Nous constatons que les écologistes cautionnent un capitalisme vert débridé, la cause climatique lui déroulant le tapis rouge [1]. Le Greenwashing est d’ailleurs une spécialité de certains comme Eric Loiselet, responsable du Comité d’Orientation politique des Verts, lobbyiste pour une grosse boite américaine, Burson-Marsteller qui a pour clients, Danone, Saint Gobain, Total et Monsanto ! Son rôle étant de jouer les passerelles entre industriels et écolos, tout en mélangeant les genres [2].

Cette façon de faire énerve beaucoup de monde. A force de prendre les gens pour des idiots, EELV risque de stagner encore très longtemps dans les bas-fonds des intentions de vote.

 

Le dossier éolien est un cas d’école de cette fumisterie écologique que vous soutenez en nous opposant un argumentaire un peu court et bien entendu moralisant que nous allons tenter d’étoffer.

 

1. A propos de l’éolien. L’envers du décor masqué.

Toujours est-il, que ces amendements vont faire voler en éclats le maigre dispositif de protection des riverains, du paysage et de la faune autour des installations éoliennes. C’est la porte ouverte au mitage du paysage, aux petits arrangements locaux entres promoteurs, propriétaires fonciers et élus locaux. Des affaires de corruption et de prises illégales d’intérêts sont de plus en plus fréquentes.

La France défigurée, mais pas toute seule?

Nous sommes fort satisfaits que vous pensiez que le paysage est un bien commun, en nous rappelant, comme d’habitude, que les lignes à haute tension n’ont pas mobilisées les foules. Rappelons tout de même, qu’en Allemagne, il est prévu d’installer plus de 3000 kilomètres de ligne à haute et très haute tension pour faire parvenir l’électricité éolienne du nord vers le sud du pays. Non seulement, l’addition sera très salée, mais de plus en plus de riverains se mobilisent contre ce massacre paysager écologique. Il en sera de même en France. Autrement dit, nous serons victimes de la triple peine : paysages saccagés, dévaluation des biens immobiliers, contribution financière majeure à une filière de production d’électricité intermittente donc non fiable, chère et quasiment inutile. Des géographes tirent maintenant la sonnette d’alarme [3]. Alors qu’aucun débat démocratique n’a eu lieu, c’est près de la moitié du territoire français qui est concerné, chaque opération d’éolienne amputant l’équivalent d’un arrondissement de Paris [4].

 

Spéculation, profits, licenciements, effondrement… vite, mettons nos lunettes vertes !

Les écologistes ânonnent sur tous les tons que «la filière éolienne est une composante des EnR, créneau de création d’emplois et participe au mix énergétique en réduisant les émissions de GES».

Curieusement, aucun(e)s d’entre-eux(elles) ne s’appesanti sur la débâcle économique en cours [4].

Vestas, voit son cours chuter de 83% en un an accompagné de 4 200 suppressions d’emplois en 2012. L’action est divisée par 25 ! L’Espagnol Gamesa a vu son titre dégringoler de 80% en 2012 et va fermer la majorité de ses 23 usines. EDP, sert de cheval de Troie aux chinois. Nordex l’Allemand chute de 60%, Enercon a procédé à une mystérieuse opération de transfert de son capital à une fondation «pour préserver l’avenir». Alstom tablant sur une hypothétique croissance éolienne, voit une dégradation de son secteur EnR dont les perspectives sont perçues comme «léthargiques» par les analystes…

Les gros sinistres arrivent après l’élection d’Obama avec la suppression des subventions aux EnR. Le compte à rebours a commencé. En effet, de nombreuses banques d’affaires commencent à publier de mémorandums sur la meilleure façon de récupérer pour une bouchée de pain ces opérateurs dès 2013 et les faire évoluer vers des sociétés de maintenance. Le boom de la création d’emplois est un mirage. En France, le SER nous a vendu le chiffre de 60 000 emplois à terme (relayé largement par EELV), pour finalement parler de 11 000 tout en avouant que 1 000 emplois sont menacés par la crise éolienne. Peut-être avez-vous les vrais chiffres ?

Le délire est largement partagé en Europe puisque l’opérateur germano-danois, Scan Energy, a provoqué en 2011 la neuvième défaillance en un an d’une banque danoise, Mors Fjordbank. Au Royaume Unis, la profession fait tout pour dissimuler le désarroi de l’opération Clyde. En Allemagne, les promesses de taxe sur l’énergie ont dépassé l’objectif de 400%, à mi-chemin des objectifs fixés, tout en étant obligé de construire 23 centrales au charbon ! Les compagnies écossaises, largement pourvues en «éolien haute performance», sont parmi les plus forte hausse, avec un surcoût de 35 milliards de livres (rapport stratégique de KPMG)

Localement (Bavaisis et Quercitain), pour ce qui occupe nos associations, aucun emploi pérenne ne sera créé. Vous n’êtes pas sans savoir que la contribution à la valeur ajoutée des Entreprises (CVAE) décourage la création d’emplois locaux (taxe au prorata du nombre d’employés) [5]. En outre, le pilotage des machines s’effectue à partir de PC situés très loin. Pour terminer, la maintenance est en mauvaise posture, 12 personnes ont été licenciées à Bapaume (80 en France) par la société Windtechnics [6]. Pour votre information, France Eolienne, Easy Eolienne, Alizeo ont été mises en liquidation, avec de fréquentes suites judiciaires [4]. Pour finir, ce secteur n’a créé que 10% des emplois prévus, mais chaque emploi « vert » supprime 3,7 emplois dans l’économie classique (Etude de Verso Economics à partir de l’expérience écossaise). L’idéologie se paie au prix fort. En effet, le surcoût totalement inutile du programme éolien français est estimé en 2017 à 7 milliards d’euros par la Cour des Comptes [7].

 

L’enrichissement durable pour certains, la dèche pour beaucoup d’autres.

J’espère que vous soutenez Paris Mouratoglou, «tycoon» de l’énergie verte, sauveur du climat et de la Terre, qui grâce aux écologistes et aux dirigeants de notre beau pays, a réussi à amasser une fortune estimée à 700 millions d’euros. Idem pour les familles Gruy et Germa. Votre parti est d’une extrême mansuétude avec les pratiques affairistes de l’éolien qui se gave impunément sur le dos des citoyens. Vous êtes pourtant bien placée pour savoir que la CSPE est un impôt innomé d’après la Cour des Comptes et le Conseil d’Etat qui ne pourra continuer à échapper au contrôle du Parlement [4]. Vous dénoncez les pétroliers saccageant la planète (on ne peut le nier pour certains) tout en ignorant volontairement l’infiltration des technostructures bruxelloises par le lobby éolien, l’avis de la CRE bizarrement ignorée, les profits immenses et les soupçons de corruption à grande échelle.

En attendant, la précarité énergétique flambe grâce à l’explosion des tarifs de l’électricité.

 

2. Les fausses évidences et les vraies leçons de morale.

Vous nous dites que vous vous attachez à garantir une production énergétique ne détruisant pas le climat ni l’environnement des générations futures. C’est beau, mais un peu court, légèrement biaisé, moralisant, avec comme sous-entendu que ceux qui n’abondent pas dans le sens d’EELV sont d’ignobles inconscients.

Prenons l’exemple du néodyme, une terre rare, utilisé dans la fabrication des voitures hybrides et par centaines de kilogrammes dans les éoliennes. Le bilan de la consommation du néodyme se chiffre dizaine de kilotonnes par an, appauvrissant le patrimoine minier collectif (nuisance B). Il faut de plus le purifier, ce qui génère des rejets radioactifs (nuisance C) [8]. Les lieux d’extraction sont la Chine et l’Afrique, modèles démocratiques comme vous le savez. Moralité, EELV soutient une filière plus que polluante en toute bonne conscience et pratique la politique de l’autruche devant la délocalisation de la pollution «durable» chez les autres, pauvres de préférence. Cela s’appelle du lavage de cerveaux par simplification [8]. Rappelons que pour construire et installer une éolienne, il faut émettre pas moins de 4 500 tonnes de CO2 compensés en 6 à 7 ans de fonctionnement. Au total, une éolienne réduit de 0,00025% les émissions de CO2 sur 20 ans [9]. Un véritable prodige de technologie écologique! Signalons, que la Chine, qui s’est lancé dans un programme éolien dantesque depuis plusieurs années, a encore battu des records d’émissions de GES… C’est à n’y rien comprendre.

 

Les EnR sont évidemment la planche de salut du climat, c’est ce que pensent les Allemands en     abandonnant le nucléaire mais en se précipitant sur le charbon et le gaz qui n’émettent bien sûr quasiment aucun GES. C’est du moins ce que nous affirme sans rire Michelle Rivasi, députée européen EELVV, sur la chaîne de télévision LCP, au sujet des 23 centrales au charbon en construction en Allemagne, et ce, dans la plus grande discrétion. Elles sont chargées d’éviter le black-out promis grâce à l’intermittence des éoliennes et du solaire. Rivasi cautionne donc le grand retour du charbon, pourtant assimilé au mal absolu en son temps par les écolos franco-allemands. Toujours plus énervant, les Etats-Unis ont diminués leurs émissions de CO2 grâce au gaz de schiste qui sont pour les écologistes ce que sont les OGM pour Séralini et Bové. Il convient d’être méfiant sur l’évaluation des réserves mondiale, mais il est clair que le XXI° siècle sera celui du gaz.

L’innovation technologique, qu’EELV souhaite confiner dans la clandestinité (OGM, nanotechnologies, nucléaire…etc) est le ressort de la croissance, un autre gros mot. Toujours est-il, que le Josébovisme à remarquablement sinistré la recherche française des biotechnologies en employant des méthodes quasi-facistes peinturlurées en belles images audiovisuelles (les bons contre les méchants) [10]. Nous prenons le même chemin avec le gaz de schiste. Interdiction d’avoir la moindre idée sur notre potentiel, interdiction d’imaginer des progrès technologiques rendant leur exploitation sûre. Rappelons que les gisements sont situés ente 2 000 et 3000 mètres de profondeur, les nappes phréatiques entre 100 et 200 mètres. Un tube de forage étanche et maîtrisé ne polluera pas la nappe en la traversant, il existe également des techniques en cours d’évaluation prometteuses concernant le nettoyage de l’eau utilisée pour la fracturation.

La remise en cause de l’origine anthropique du changement climatique est évidemment cruciale pour les écologistes qui risquent de perdre toute emprise sur la société. Peu importe que la température globale soit stable depuis 15 ans (source : Hadcrut et RSS) malgré l’augmentation de la concentration atmosphérique en CO2, que les océans sont en léger refroidissement depuis 2003 (mesures des 3300 sondes Argos, de la surface à – 1000 m), les résultats dérangeants de l’expérience CLOUD réalisée sous l’égide du CERN, que l’influence directe de l’augmentation de la teneur du CO2 depuis le début de l’ère industrielle sur la température globale est de + 0,30°C selon la loi Myrhe- Stéfan, et que la part du CO2 d‘origine anthropique est de 10% de ces 0,30°C soit 0,03°C sur le réchauffement climatique [6] ! Comptons sur le GIEC pour tenter de noyer le poisson.

 

3. Conclusions

Le communiqué de presse que vous avez eu l’amabilité de me communiquer confirme bien l’absence d’analyse critique et le déni de la situation précédemment décrite.

L’aide aux ménages modestes grâce à la proposition de loi sur la tarification progressive de l’énergie ne semble pas une évidence pour de nombreux élus. La transition énergétique que vous appelez de vos vœux en tablant quasi exclusivement sur la sobriété énergétique est un leurre, même si le scénario Négawatt en fait sa pierre angulaire. Nous allons de facto, consommer de moins en moins d’électricité de par les améliorations technologiques en cours (- 6% en 2011 par rapport à 2010), en sachant que nous en avons exporté 361 jours en 2011 [7] ! Désolés, mais c’est bien grâce au nucléaire et certainement pas à l’éolien.

Soit dit en passant, l’arrêt des réacteurs allemands nous a rapporté 360 millions d’euros en neuf mois. A ne pas négliger par les temps qui courent. Au fait, Fessenheim fournie beaucoup d’électricité outre-Rhin, les allemands n’étant pas trop pressés qu’elle soit fermée. Le nucléaire et les énergies fossiles resteront encore pour très longtemps indispensables.

 

Quant au débat sur la transition énergétique, Greenpeace, exigent tout simplement le départ de personnes qui lui déplaise. N’ayant aucune légitimité démocratique car non élus, spécialiste de la désinformation et de la manipulation des images, espérons que cette ONG soit remise à sa juste place, même si comme le prône Dominique Bourg [12] (membre du Comité de veille écologique de la Fondation Nicolas Hulot) il s’agit de confisquer la démocratie représentative et laisser les ONG environnementales, sans aucune légitimité élective, bloquer toutes les décisions qu’elles jugent non conformes à la survie de la planète. Elles pourraient prétendre « parler au nom du bien public, pour une cause, et non pour quelques intérêts aussi limités que privés, sans pour autant être électoralement validés ». Le WWF, FNE ou la FNH, « sensibles à la beauté et à l’intégrité des choses naturelles » auraient une sorte de droit de veto sur toutes les décisions essentielles [13].

 

Un programme que peu de citoyens ont envie d’expérimenter.

Thierry Levent

Bibliographie:

 

1. Sylvie Brunel. A qui profite le développement durable ? Editions Larousse, 2008.

2. Le Canard enchaîné, mercredi 26 septembre 2012.

3. Karine Grijol. La faiblesse du vent. Impact, enjeux et contradictions de l’éolien en France. Editions François Bourin, 2012.

4. économiematin.fr

5. Le cri du contribuable . 2010

6.http://lavoixeco.com/actualité/Secteur_activite/Sous traitance_industrielle/2011/09/2…

7. Christian Gérondeau. Ecologie, la fin. Editions du Toucan, 2012.

8. Pierre Laszlo. Science  Techno. Le Monde, samedi 17 novembre 2012.

9. F. Chomé. Directeur de Factor-X the climate Consulting group

10. GIL Rivi7re-Wekstein. Faucheurs de science. Les fanatiques sont dans nos campagnes. Editions le Publieur, 2012.

11. Jean de Kervasdoué, « Pour en finir avec les histoires d’eau. L’imposture hydrologique ». Editions Plon, 2012.

12. Entretien avec Dominique Bourg, « Démocratie, le défi écologique », Les grands dossiers des Sciences Humaines n°19, juin-juillet-août 2010

13. Gil Rivière-Wekstein, « Bio, fausses promesses et vrai marketing », Le Publieur, 2011