Le GIEC, cet inconnu... C'est bien dommage.











Pour P. Acot, « le GIEC ne mérite pas son président. En effet, outre que Mr Rajendra Pachauri n’est pas climatologue, mais ingénieur des chemins de fer, il cumule étrangement de nombreuses fonctions (Indian Oil Corporation, National Thermal Power Corporation). Il est également à la tête de The Energy and Ressources Institute (TERI) initialement centré sur le pétrole et le charbon puis redéployé dans les énergies renouvelables. Rappelons que le GIEC (Président Rajendra Pachauri) est l’un des principaux promoteurs mondiaux des énergies renouvelables dans lesquelles le TERI (Directeur général Rajendra Pachauri) est engagé[1] ». Bref un affairiste peinturluré en vert.

Il est urgent de lire Iegor Gran qui a commis un livre totalement irresponsable et d’une mauvaise fois quasiment orgasmique. Il n’est pas climatologue, nouvelle spécialité proche de la sainteté, mais son analyse du fonctionnement du GIEC est intéressante. « Le GIEC regroupe plus de 2500 chercheurs de plus de 130 pays (s’extasie l’Express du 12 octobre 2007). Le GIEC serait un formidable laboratoire où foisonnent les ressources scientifiques… En réalité, aucune recherche n’est conduite et il n’emploie aucun chercheur… Sa mission est de réunir les articles paru dans la presse scientifique, ET C’EST TOUT. Disons que c’est un Argus de la presse de taille rachitique, une dizaine de personnes employées à plein temps et logées dans les bureaux de l’Organisation météorologique mondiale à Genève.

Le texte initial a été compilé par 51 auteurs, 2449 experts (profs, chercheurs disséminés aux quatre coins du monde) relisent bénévolement les résumés, eux même relus par d’autres experts bénévoles (toute cette ruche avec un sens calculé du carriérisme universitaire, remet les virgules à leur place, corrige une référence ou se cure le nez). Bref c’est le travail d’un comité de lecture.

Aucune nouvelle découverte n’est faite, aucune hypothèse n’est confirmée. La raison d’être en est le Résumé à l’intention des décideurs, 56 pages, ou viennent s’abreuver lesdits décideurs politiques. Ce texte, très « pour les nuls », calibré pour nos stupides têtes gouvernantes, montre assez que toute cette machinerie a travaillé sur un texte dont la philosophie in fine est un engagement politique [2] ».

 

Drieu Godefridi n’hésite pas à affirmer que « le GIEC est mort, vive la science ! » [3]. Nous frisons là le bûché en place publique. Et pourtant, cet auteur lui aussi dit des choses très intéressantes : « Le GIEC est majoritairement composé, non de climatologues, pas même de scientifiques, mais de diplomates désignés par les gouvernements… force est de conclure que le GIEC est non seulement la voix de la science mais également de la diplomatie mondiale… Les experts, minoritairement climatologues et sélectionnés de manière souveraine par les gouvernements et instances dirigeantes du GIEC, n’ont de pouvoir que consultatif… Le pouvoir de dernier mot, en fait la totalité du pouvoir de décision, revient aux gouvernements et à leurs représentants.

Le fameux Résumé à l’intention des décideurs est purement et simplement un consensus diplomatique. Le GIEC est principalement un organe politique, accessoirement un organe scientifique. Le versant politique l’emporte d’autant plus nettement que, même de par son premier objet, le GIEC n’a nullement la vocation de concourir à la science, seulement de faire la synthèse des publications scientifiques pertinentes…

Puis il y a la formidable histoire d’amour entre le GIEC et les médias (promesse d’un sensationnalisme toujours renouvelé)…Sans parler des rapports étroits et intéressés entre le GIEC et les partis d’obédience écologique ».

On tombe de haut…mais on avait un léger doute quand même.

 

TL, avril 2011.

Bibliographie :

1. Pascal Acot. Climat, un débat dévoyé ? Edition Armand Colin, 2010.

2. Iegor Gran. L’écologie en bas de chez moi. POL éditeur, 2011.

3. Drieu Godefridi. Le GIEC est mort, vive la science .Editions Texquis, mai 2010.