BIAISONS.


 

 

 

L'imagination de certain(e)s est sans limite. Le biais peut être manipulé avec une extraordinaire habileté. A vous de juger.

 

 

 

 

 

   

OGM


 

 

 

 

 

 

 

 

A tout seigneur tout honneur.

Seralini est un multi récidiviste des études récusées, 3 fois en moins de 5 ans. En 2007 (mais MON 863), en 2009 (mais MON 810), en 2012 avec le NK 603. A chaque fois ses conclusions ont été récusées en Europe et dans le monde. Evidemment, pour le Criigen (comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique), crée par le même Séralini, tous ces comités d’experts et autres agences sanitaires sont à la solde de Monsanto.

 

Un groupe d’experts en communication mais pas en science.

Nous restons réellement admiratifs par la campagne de désinformation magistralement menée par Séralini et consorts à l’occasion de la publication de la fameuse «étude» sur le mais NK 603. Comme le fait remarquer Science et Vie [1] fort courageusement, Séralini a tenté de convaincre le public d’abord, les scientifiques plus tard. Que dire du contrat d’exclusivité passé avec Guillaume Malaurie, journaliste écolo-compatible au journal Le Nouvel Observateur et porte-parole de Séralini, qui titrait sans aucune analyse critique, «Oui, les OGM sont des poisons [2]». Dans la foulée, le grand écolo-cinéaste, Jean Paul Jaud, sortait un film inoubliable, «Tous cobayes». Simultanément, Séralini publiait un chef d’œuvre en librairie, «Tous cobayes (bis)», ce qui manque d’imagination vous en conviendrez. A cette occasion, Corinne Lepage, passionaria des nobles causes écologiques, présidente d’honneur et fondatrice du Criigen s’époumonait sur toutes les chaines de radio et de télévision. Il faut dire qu’elle s’étiole assez vite loin des plateaux. Cette dernière, grande démocrate, n’a pas supporté qu’un journaliste de Marianne rapporte les propos de scientifiques américains qui démontaient totalement l’étude de Séralini. Mme Lepage portait donc plainte, «utilisant en cela les mêmes méthodes que JM Le Pen [3]».

 

La fameuse étude sur le mais NK 603.

Tous les biais sont au rendez-vous, un véritable exploit.

Les anti-OGM hurlent aux conflits d’intérêt entre les semenciers et les chercheurs qui ne sont pas de leur bord. Ceci ne manque pas de saveur lorsque l’on s’intéresse de près aux modalités de financement de cette étude. Une fondation privée au financement assez peu claire et des enseignes de distribution, «l’indépendance» à l’œuvre….

Les effets cancérigènes des OGM n’ont jamais été démontrés malgré 31 848 études publiées entre 1993-2000, Séralini est bien seul.

 

Biais de la loi des petits nombres :

Il y avait bien 200 rats mais séparés en groupe de 10 pour les besoins de l’étude. Ces effectifs sont tellement réduits qu’aucune différence statistiquement significative ne peut-être avancée. Le consensus général adopté par l’ensemble de la communauté scientifique est de présenter des intervalles de confiance d’au moins 95% en y appliquant des tests statistiques. Ce travail n’a même pas été fait. Séralini, imperturbable, conclue que les résultats parlent d’eux-mêmes. C’est de la science de haut niveau

Aucun effet dose n’est observé:

Plus on absorbe un produit toxique, plus les effets sont visibles. Les rats de Séralini ayant absorbé un maximum d’OGM se portaient mieux que ceux qui en avaient consommé moins [1]

Une méthodologie scientifique à «trois balles» :

Séralini cherchait quelque chose sans trop savoir quoi. Il a donc utilisé la technique du râteau qui consiste à élargir de façon disproportionnée le champ des investigations en espérant tomber sur quelque chose. Pas moins de 48 molécules ont été pistées dans le sang et les urines des rats. La concentration d’une dizaine d’entre elles à bien varié, Séralini s’empressant de conclure à la toxicité du NK 603.Sauf que cette méthodologie est totalement à l’inverse de la méthodologie scientifique qui veut qu’une hypothèse soit formulée avant d’être confrontée aux données expérimentales.

Biais en tout genre: Les rats utilisés sont connus pour développer des tumeurs avec l'âge, l'absence de données connexes permettant d'évaluer d'autres causes au développement des tumeurs comme la présence de mycotoxine est à souligner.

Pas grave, le buz était assuré, tant pis pour la science. Toujours est-il que l’étude de Séralini a été réfutée par la totalité des agences sanitaires internationales, la presse étant encore une fois très discrète sur leur conclusion, Le journal Le Nouvel Observateur en premier. On se demande pourquoi.

Développant la thèse conspirationniste, Séralini refusait une contre-expertise de l'EFSA au motif que ses experts ne soient en conflît d'intérêt [4].  Au pays des aveugles, les borgnes sont rois.

 

 

Bibliographie:

1. Science et Vie, novembre 2012, n° 1142.

2. Le Nouvel Observateur du mercredi 15 septembre 2012.

3. Jean-claude Jaillette, Marianne, jeudi 17 janvier 2013.

4. Gérald Broner. La démocratie des crédules. PUF, 2013.

 

Les ondes (maléfiques).


 

 

 

 

 


Les ondes sont partout. Depuis une dizaine d’années elles sont systématiquement mises en accusation. Comme pour la radioactivité naturelle, nous vivons depuis la nuit des temps dans un environnement électromagnétique naturel puisque le champ terrestre est en France d’environ 60 microteslas.

En 2008, un magasinier de la bibliothèque sainte-Geneviève (Paris) attribuait ses maux de tête aux bornes wi-fi récemment installées. La direction fit mesurer les radiations que se révélèrent 136 fois moindres que les normes autorisées. De la même façon, en 2008, le tribunal de Tulle fit condamner RTE à verser 400 000 euros à une famille d’agriculteurs lozériens qui vivait depuis très longtemps près d’une ligne à très haute tension (THT). Les maux dont était affligée cette famille (céphalées, eczéma…) et leurs animaux (cannibalisme, boiterie, panaris, mammite…) ont impressionnés le juge.

Sauf que, « en l’état actuel des connaissances, rien ne permet d’affirmer que les ondes non ionisantes sont dangereuses pour la santé [1]».

 C’est ici qu’intervient l’étude du CRIIREM (Centre de recherche et d’Information Indépendant sur les rayonnements électromagnétiques, clone du Criigen) de haute tenue scientifique.


Descriptif de la méthodologie:

  • Objectif : Comparer une population exposée aux lignes THT à une population non exposée.
  • Méthodologie : recueillir et comparer le « ressenti » des personnes dans les deux populations. 2000 foyers ont été étudiés dans 160 communes.
  • Conclusion de l’enquête : oui il y a un lien entre exposition et troubles évoqués.

Analyse critique:

En aucun cas il ne s’agit d’une étude épidémiologique puisque le critère d’analyse n’est basé sur aucun élément factuel ni symptômes objectivement évaluables, mais «d’impressions». Certains riverains se déclarent malades. Il s’agit d'un biais cognitif décrit dans le cadre de l’effet nocebo (effet pathologique causé par la croyance que quelque chose est nocif). Cet effet commence d’ailleurs à être bien connu dans le cadre des hypersensibilités (chimique, électromagnétique, bâtiment pathologique) et totalement confirmé par des études en « double-aveugle » [2].

L’enquête du CRIIREM le confirme bien involontairement, puisqu’elle ne montre pas d’évolution des symptômes selon la distance entre l’habitation et la ligne THT. Il suffit que les personnes interrogées pensent habiter suffisamment près pour qu’elles déclarent (statistiquement) en subir les effets pathogènes. Or la puissance des ondes décroît en raison du carré de la distance (1/R2). En passant de 10m à 100m de distance de la ligne, on diminue cette exposition d’un facteur 1000 [3]! La physique est impitoyable.

 

En attendant, personne n'a trouvé douteux que cette étude soit conduite par des militants posant des questions totalement biaisées, le tout financé par Greenpeace ou les magasins Carrefour, "en toute indépendance" [3]. La presse ne s'est curieusement jamais follement indigné.

 

 

Bibliographie.

1. Science et Avenir, janvier 2009.

2. Perrin Agnès. Ondes électromagnétiques : comment s’y retrouver dans l’information ? SPS (sur les ondes), p 10-16, 2009.

3. Bronner Gérald, Géhin Etienne. L’inquiétant principe de précaution. PUF, 2010.