Les Verts d'ici.


 

 

 

 

 

 

 


Chacun a apprécié le cirque puéril des écolos français à l’issue de la présidentielle, plus préoccupés de la lutte des places que des classes. Leur comportement depuis lors, semble avoir énervé beaucoup de monde.

La cuisine politicarde de Duflot et de Placé écoeure ceux qui auraient aimé un changement de régime de la part d’une formation politique qui prétend renouveler le genre depuis trente ans mais qui en a hérité les pires travers.

Les leçons de morales, oui mais pour les autres.

Attardons-nous sur le cas d’Eric Loiselet, responsable du Comité d’Orientation politique des Verts, lobbyiste pour une grosse boite américaine, Burson-Marsteller qui a pour clients, Danone, Saint Gobain, Total et Monsanto ! Son rôle étant de jouer les passerelles entre industriels et écolos, tout en mélangeant les genres et en se vautrant dans le Greenwashing [1].

Il est impossible de résister à l’affaire Florence Lamblin, élue EELV du XIII° arrondissement et les soupçons d'implication dans le blanchiment de 40 millions d’euros. Selon son avocat, «s’il y avait quelque chose, ce serait tout au plus le fait de ne pas avoir déclaré 350 000 euros à l’ISF» en parlant de son compte en banque suisse. Les smicards apprécieront le «tout au plus» de Mme Lamblin adepte de l’évasion fiscale durable.

Les soupçons pesant sur les bénéfices (150 000 euros) d’un centre de formations des élus Verts, le Cédis, à enflammé le parti écolo. Il faut savoir que personne ne sait à quoi est utilisé cet argent qui vient des collectivités. Certains militants réclamaient un audit externe. Cette idée, vraiment déplacée, était écartée d’un revers de main rageur par notre sénateur, Jean-Vincent (très bien) Placé. Ce dernier avait le plus grand mal à répliquer à ce militant qui affirmait « ne pas répondre aux différentes injures, calomnies et autres absurdités contenues dans ton mail, étant entendu que je ne partage ni ta vision du cumul des mandats, ni ta conception de ce que doit être l’éthique d’un parti politique [2]».

 

La distance entre l'image et la réalité est grande. A Montreuil, ville de Dominique Voynet, la parole non maîtrisée par la mairie est interdite. Voynet ne supporte pas que la principale institution culturelle, le cinéma le Méliès, soit autonome. Une stratégie de déstabilisation digne de la Stasi a donc été pilotée par notre édile Verte: calomnie, pressions de toute sorte, accusation"d'insultes subliminales sur Internet" proférées par le directeur du Méliès! Elle a gagné, Stéphane Goudet a démissioné, mais la quasi totalité des réalisateurs du cinéma français sont solidaires de l'équipe du Méliès. Voynet, grande spécialiste du navet bio, devrait renoncer à se mêler de cinéma (Marianne du 2 au 8 mars 2013).

Les contorsions c’est pas bon.

Cautionner les dérives spéculatives ne semblent pas gêner nos écologistes médiatiques dans le domaine des EnR, plus particulièrement l’éolien industriel. Comme c’est pour sauver la planète, tout est permis.

Trois banques françaises sont qualifiées de « climaticides » par plusieurs ONG internationales, dont les Amis de la Terre, au motif qu’elles prêtent de l’argent à l’exploitation du charbon. Cette belle étude (Bankrolling Climate Change) est une incitation à l’abandon du charbon au profit des énergies renouvelables [3]. Nous restons pexplexes devant cette cécité idéologique niant l’intermittence réellement insupportable lorsque l’on prône l’arrêt immédiat des centrales nucléaires. L’abandon de l’atome et la transition énergétique à marche forcée vers les énergies renouvelables nous promettant un avenir radieux, a entraîné mécaniquement un doublement du financement du charbon entre 2005 et 2010 et donc une explosion prévisible des émissions de CO2. Les Amis de la Terre ne méritent peut-être pas vraiment leur nom.

Cause toujours…..

Tout cela paraît en décalage avec le manifeste d’EE-LV [4] qui milite pour rendre le projet « désirable », «conquérir ainsi les cœurs et les esprits pour emporter des majorités démocratiques» et  que « les écologistes doivent montrer qu’ils ne sont ni des pères fouettards ni des donneurs de leçon».  

Comme le souligne le manifeste, il s’agit d’un projet en rupture, »la logique dominante d’une augmentation aveugle de l’offre économique cède la place à une régulation de la demande en fonction des contraintes environnementales et des besoins sociaux ». Néanmoins, il semblerait que le prima de l’environnement l’emporte sur le social. Il est patent que « l’effervescence scientiste, la fuite en avant et l’illusion technologique » posent des problèmes à EE-LV. Le principe de précaution doit juguler tout risque inhérent à l’innovation technologique et par la même la stériliser. On retrouve la méfiance des Verts au progrès considéré comme un danger, la technologie étant toujours présentée comme une servitude.

La décroissance, belle idée sur le papier, mais en pratique, incongrue pour toute une partie de l’humanité confinée dans la misère et le dénuement. «Quand on ne sait pas ce que l’on va manger dans un mois, la planète, on s’en tape, et l’on a raison…si tous les pauvres se mettaient à consommer autant qu’un écolo parisien [5] ? ». En attendant, le nombre de pauvres continu à grimper en France selon le dernier rapport de l’INSEE, « les chiffres étant même en dessous de la réalité pour 2011 » selon libération [6]. Peu importe si le  Grenelle de l’environnement et la transition énergétique engage la France à dépenser en 10 ans des centaines de milliards d'euros pour quasiment rien.de La planète mérite bien certains arbitrages douloureux.

L’Europe sera sociale, écologique et solidaire ou ne sera pas [7]. Il faut combattre « l’obsession néolibérale qui consiste à imposer aux Etats la discipline des marchés financiers », idée d’ailleurs largement reprise dans le manifeste d’EE-LV.  Avec la crise financière, le piège de la dette publique se referme, un transfert gigantesque de richesses vers les banques et les fonds spéculatifs aux dépends des salariés se passe sous nos yeux [8]. Le business vert mondialisé et ses dérives en sont une émanation, sitaution très mollement critiquée par les écolos.

 

TL, janvier 2012.

 

Bibliographie :

1. Le Canard enchaîné, mercredi 26 septembre 2012.

2. Des Verts plus chauds qu’un réacteur. Le Canard Enchaînés du mercredi 14 décembre 2011.

3.http://news.fr.msn.com/ecologie/bioaddict/trois-banques-fran%c3%a7aises-accus%c3%...

4. Manifeste pour une société écologique. Europe Ecologie-Les Verts, Edition les petits matins, 2010.

5. Iegor Gran. L’écologie en bas de chez moi. POL éditeur, 2011.

6http://www. Liberation.fr

7. Les économistes atterrés. 20 ans d’aveuglement, l’Europe au bord du gouffre. Les Liens qui Libèrent, 2011.

8. François Chesnais. Les dettes illégitimes. Quand les banques font main basse sur les politiques publiques. Editions Raisons d’Agir, 2011.